Note artistique : (3/5) 

Synopsis

Décidément, rien ne va plus dans les Services Secrets Britanniques ! L’Organisation Criminelle SMERSH a entrepris de saboter la stabilité mondiale : pas moins de 11 agents ont disparu et pour couronner le tout, notre plus grand agent secret, 007, est parti profiter d’une paisible retraite. M ainsi que les chefs de la CIA et du KGB n’ont qu’un seul espoir : rappeler Sir James Bond et le persuader de se remettre au travail. …

  • Titre original : Casino Royale
  • Support testé : Blu-ray
  • Genre : comédie
  • Année : 1967
  • Réalisation : John Huston, Kenneth Hughes, Val Guest, Robert Parrish, Joe McGrath
  • Casting : Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Orson Welles, Joanna Pettet, Daliah Lavi, Woody Allen, Deborah Kerr, William Holden, Charles Boyer, John Huston, Kurt Kasznar, George Raft, Jean-Paul Belmondo, Terence Cooper, Barbara Bouchet, Jacqueline Bisset
  • Durée : 2 h 11 mn 22 Noir et Blanc et Couleur
  • Format vidéo : 16/9
  • Format ciné : 2,35/1
  • Sous-titrage : français
  • Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 et 2.0 anglais – DTS-HD MA 2.0 français
  • Bonus : combo avec le Blu-ray du film (131 mn) et le DVD du film (126 mn) – DVD de bonus – livre Casino Royale : Des James Bons pas comme les autres (112 pages) – entretien avec Laurent Aknin, historien du cinéma (2023, 25 mn10) – Bond… James Bond ? The Making of Casino Royale (VOST, 2007, 42 mn 42) – Psychedelic Cinema, entretien avec Val Guest (VOST, 2002, 19 mn 45) – Casino Royale, épisode 3 saison 1 de la série Climax !, réalisé par William H. Brown Jr. avec Barry Nelson et Peter Lorre (VOST, 1954, 48 mn 13) – bande annonce (VO, 2 mn 23)
  • Éditeur : Rimini Éditions

 

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Commentaire artistique  

Casino Royale, la version 1967, souvent et à tort prise au sérieux par certaines de ses stars et par une partie du public, est pourtant une parodie affirmée de la franchise James Bond. Le premier roman que Ian Fleming consacra à l’espion James Bond 007, « Casino Royale », a été publié en 1954. Son titre fait allusion au casino de la station balnéaire de Royale-les-Eaux (Somme) dans lequel James Bond, en compagnie de Vesper Lynd, affronte l’agent secret soviétique Le Chiffre qui a dilapidé l’argent du SMERSH (contre-espionnage soviétique). Ian Fleming vendit aussitôt les droits d’adaptation de son roman au producteur Gregory Ratoff qui en fit un téléfilm de la série Climax ! diffusé en direct sur CBS (cf. téléfilm donné en bonus) : Barry Nelson fut le premier acteur à incarner 007 à l’écran tandis que Peter Lorre jouera Le Chiffre et que Linda Christian sera Vesper Lynd renommée Valérie Mathis. En 1961, Charles K. Feldman  racheta les droits et produira la version de 1967 de cette édition. Enfin en 2006, EON Productions sortira sa propre version, la 21ème de la franchise, la plus fidèle bien que modernisée avec Daniel Craig (son premier rôle de 007), Mads Mikkelsen (Le Chiffre) et Eva Green (Vesper). Une fois détenteur des droits cinéma, Charles K. Feldman va chercher à produire sa version de Casino Royale  pour capitaliser sur l’énorme succès des trois premiers films avec James Bond (dont Goldfinger, 1964). Il dispose alors d’un scénario de Ben Hetch, qui envisageait déjà, sous une forme sérieuse, la multiplicité d’agents 007 homonymes, mais le producteur ne parviendra pas à décider Sean Connery. Il choisit alors de travailler le script sous un angle parodique et espère motiver Peter Sellers, fort de leur collaboration réussie pour le film de Clive Donner Quoi de neuf, Pussycat ? (1965). L’acteur accepte mais sera assez peu convaincu par son rôle d’expert du baccara Evelyn Tremble se faisant passer pour le vrai James Bond à la retraite incarné par David Niven. Écrite et réécrite par divers scénaristes et collaborateurs, l’intrigue s’éloigne vite du roman et prend l’allure d’un récit à sketches plutôt incohérent. En effet, outre Val Guest (cf. bonus) qui assure, plus ou moins, la «continuité» et réalise la dernière partie du film, Casino Royale  fut aussi dirigé par quatre autres cinéastes : John Huston, Kenneth Hughes, Robert Parrish et Joe McGrath. Or, comme chacun d’eux travaillait séparément, le film apparait comme une succession de segments qui ne se soucient pas du tout de la progression de la narration, ce qui allait chagriner les critiques et dérouter le public. Pourtant ce film coûteux disposait d’un casting exceptionnel réunissant toutes les grandes stars de l’époque dont les prestations valent la vision : Ursula Andress (la splendide naïade de James Bond contre Dr. No, 1962), Deborah Kerr, Woody Allen, Charles Boyer, Jean-Paul Belmondo, George Raft, Peter O’Toole (figuration), etc. Le tournage du film, effectué en Angleterre et en Irlande, avec Richard Talmage comme coordonnateur des cascades, se révélera chaotique et n’a pas laissé que des bons souvenirs : retard considérable, dépenses extravagantes, dépassement astronomique du budget, hostilité ouverte entre David Niven et Orson Welles, sérieux problèmes comportementaux de Peter Sellers qui sera viré avant la fin des prises de vue, accident facial de Jacqueline Bisset…. Pour tenter d’obtenir une certaine cohésion narrative finale, Val Guest va centrer le film sur un James Bond flegmatique, joué par David Niven (Ian Fleming avait, dès l’écriture, cet acteur en tête avant que l’interprétation de Sean Connery ne le fasse changer d’avis), et sur une sexy Vesper Lynd, incarnée par Ursula Andress. Ce qui n’empêchera pas les ellipses incompréhensibles et les faux-raccords d’abonder dans le montage final. Ne pouvant utiliser les codes habituels de la franchise (générique, thème musical, répliques cultes) produite par EON et sous copyright, Charles K. Feldman aura au moins l’excellente initiative d’embaucher Burt Bacharah pour composer une musique entêtante et une chanson à succès « The Look of Love ». Casino Royale  est une parodie inégale, plutôt éloignée de son modèle et dont l’intrigue est trop décousue, mais, pour qui aime les clins d’œil (séquence expressionniste, Frankenstein, Moneypenny) et les allusions à foison (Mata Bond, Mirabelle, Dr. Noé) ainsi que le ton surréaliste et absurde de la narration, cette comédie débridée n’est pas dépourvue de charme. Maladroite mais distrayante.

 

Commentaire technique 

Image : copie HD, définition variable avec un piqué inégal sur les détails, texture argentique présente mais homogène (tournage en 35 mm, Master Format 2K), copie propre, contraste variable, parfois très tranché, parfois plus atténué, noirs soutenus, étalonnage chaud, colorimétrie réaliste aux teintes chatoyantes et tons saturés

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Son : mixage anglais 5.1 (remix car la version cinéma 35 mm était en monophonie), dialogues clairs, équilibrés et sans distorsion, très bonne dynamique sur les ambiances (explosions, véhicules) mais qui favorise surtout la partition typée de Burt Bacharah, spatialisation discrète aux effets surrounds limités et surtout concentrés frontalement, LFE très ponctuel ; VF 2.0 monophonique, claire, sans spatialisation, doublage ancien mais équilibré  

Notre avis

Image : (3,5/5)
Mixages sonores : (4/5)
Bonus : (4/5)
Packaging : (3,5/5)

IMDb
Casino Royale (1967) : https://www.imdb.com/title/tt0061452/
Casino Royale (1954) : https://www.imdb.com/title/tt0310853/?ref_=ttep_ep3

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Source: http://www.bing.com/news/apiclick.aspx?ref=FexRss&aid=&tid=65350655c3014f559e62f3da35b80475&url=https%3a%2f%2fwww.on-mag.fr%2findex.php%2fvideo-hd%2fblu-ray-dvd%2f25543-casino-royale-1967&c=8779529004409232905&mkt=fr-fr

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