Démarrée en mai, la période de conciliation entre Casino et ses créanciers, destinée à restructurer la dette colossale du distributeur, se termine ce mercredi 25 octobre, sans qu’un accord à 100% des créanciers ait pu être trouvé. Cette fin en demi-teinte est courante dans un dossier de cette taille, avec une dette de plus de six milliards d’euros à restructurer. Ce qui n’enlève rien au côté anxiogène de la chose pour les salariés de l’entreprise ou les industriels qui lui livrent de la marchandise.

Les conciliateurs et la direction de Casino sont donc attendus au tribunal de commerce de Paris ce mercredi, pour clore officiellement la conciliation et ouvrir une procédure de sauvegarde accélérée. Alors que cette étape peut inquiéter, des spécialistes de ce type de procédures assurent que l’opération affectera uniquement les créanciers intégrés à la conciliation. Aucun fournisseur ne sera impacté par ces démarches. «Au bout du processus, les sociétés changeront d’actionnaires, cela ne change rien pour les fournisseurs, ni mercredi 25 octobre à l’ouverture de la procédure de sauvegarde accélérée, ni lors du changement de contrôle dans quelques mois», insiste Aurelia Perdereau, l’un des deux conciliateurs nommés en mai par le tribunal.

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Une partie qui se jouera durant quatre mois, jusqu’au 25 février

Techniquement, la mise en œuvre de la procédure de sauvegarde accélérée est de deux mois, renouvelables une fois. «Et nous aurons probablement besoin des quatre mois dans ce dossier», précise l’experte. La sauvegarde de Casino, qui va aboutir à la perte de contrôle de son PDG, Jean-Charles Naouri, au profit des nouveaux actionnaires, le duo Kretinsky-Ladreit de Lacharrière, sera donc entérinée au plus tard le 25 février 2024.

Concrètement, à partir de demain, les conciliateurs terminent leur mission, pour en accepter une nouvelle : le tribunal de commerce de Paris va nommer Aurélia Perdereau (Thévenot Partners) comme administrateur judiciaire et Marc Sénéchal (BTSG) comme mandataire judiciaire de la sauvegarde accélérée. «Nous changeons de casquette pour mettre en œuvre et faire voter les accords négociés pendant la conciliation», précise Aurélia Perdereau.

Vent de panique avant l’été

La tranquillité semble revenue du côté des fournisseurs. Ce qui n’était pas le cas durant les semaines qui ont suivi l’ouverture de la procédure de conciliation. Plusieurs assureurs de l’agroalimentaire avaient abaissé leurs niveaux de couverture des risques, créant un mini vent de panique. En cas de défaillance de Casino, ils auraient en effet limité leur prise en charge des factures non acquittées. Les fournisseurs, qui continuaient à livrer Casino au-delà du plafond fixé par leurs assurances, prenaient ainsi le risque de ne pas être indemnisés en cas d’impayé de l’enseigne. C’est d’ailleurs ce que nous confie un industriel laitier : «Nous avons arrêté de livrer plusieurs fois pendant quelques semaines car Casino ne payait pas».

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Mais depuis la fin de l’été, les assureurs ont semble-t-il estimé que le risque de défaillance n’était plus et ils ont relevé leurs niveaux de couverture aux standards de l’agroalimentaire. Chez les fournisseurs interrogés par Capital, les livraisons se passent donc de façon habituelle. «Nous livrons Casino normalement et nous sommes payés», indique un acteur des boissons sans alcool. La vigilance reste toutefois de mise. «Dès 24 heures de retard de paiement, on tire les sonnettes d’alarme. Nous avons des contacts au plus haut niveau chez eux donc ça nous assure», ajoute la marque laitière.

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